Quelle est la bonne démarche si je suis concernée ?
Peut-on avoir un enfant quand on a un traitement pour le cœur ?
Oui, c’est possible. Aujourd’hui, de nombreuses femmes atteintes de pathologies cardiovasculaires ou suivant un traitement cardiaque peuvent mener une grossesse à terme, à condition que celle-ci soit préparée, encadrée et surveillée.
Une grossesse modifie en profondeur le fonctionnement du corps : hausse du volume sanguin, adaptation du rythme cardiaque, sollicitation des artères, etc. Cela peut fragiliser un cœur déjà sensible. Mais avec une évaluation pré-conceptionnelle et une adaptation thérapeutique, ces risques peuvent être anticipés.
🧠 La clé : ne jamais entamer ou interrompre une grossesse sans en parler à votre cardiologue ou médecin traitant.
Pourquoi certains médicaments posent problème ?
Le passage des substances médicamenteuses dans le sang fœtal est variable. Certains traitements cardiovasculaires peuvent :
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Provoquer des malformations (effet tératogène),
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Affecter la croissance du fœtus (retard intra-utérin),
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Perturber le développement des reins ou du système nerveux,
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Créer un déséquilibre chez la mère si l'arrêt est trop brutal.
Quels médicaments sont concernés ?
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Classe |
Risque fœtal connu ou suspecté |
Exemples |
Alternative possible |
|---|---|---|---|
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IEC (inhibiteurs de l’enzyme de conversion) |
Malformations rénales, anurie, hypoplasie pulmonaire |
Ramipril, périndopril |
Arrêt avant conception, remplacement par bêtabloquant adapté |
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ARA2 (sartans) |
Même profil de risque que les IEC |
Losartan, candésartan |
Non utilisés pendant la grossesse |
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Statines |
Données de sécurité insuffisantes, suspicion de toxicité |
Atorvastatine, simvastatine |
Arrêt recommandé avant la conception |
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Anticoagulants oraux type AVK |
Risque de syndrome fœtal warfarinique, hémorragies fœtales |
Acénocoumarol, warfarine |
Héparines de bas poids moléculaire (HBPM) en relais |
⚠️ L’arrêt de ces médicaments doit être fait en concertation médicale, jamais seule.
Médicaments parfois autorisés avec précaution :
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Bêtabloquants (ex. : labétalol, métoprolol) : utilisés sous surveillance pour stabiliser la tension et le rythme cardiaque.
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Antiagrégants plaquettaires (ex. : aspirine faible dose) : souvent maintenus jusqu’au 3e trimestre en prévention vasculaire.
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Héparines (HBPM) : en relais des anticoagulants oraux chez les femmes sous traitement pour thrombose ou valve mécanique.
🩺 Ces traitements nécessitent un suivi étroit du poids du fœtus, du rythme cardiaque, et de la fonction placentaire.
Sources :
European Society of Cardiology (ESC). Management of cardiovascular diseases during pregnancy. Eur Heart J. 2018;39(34):3165–3241.
Regitz-Zagrosek V et al. ESC Guidelines on the management of cardiovascular diseases during pregnancy. Eur Heart J. 2011;32(24):3147–97.
ESC CardioMed. Pregnancy and cardiovascular disease. 3rd edition, 2022.