Traitement et grossesse : ce qu’il faut savoir


Quelle est la bonne démarche si je suis concernée ?

14. Traitement cardiaque et grossesse  les 4 étapes clés.png

Peut-on avoir un enfant quand on a un traitement pour le cœur ?

Oui, c’est possible. Aujourd’hui, de nombreuses femmes atteintes de pathologies cardiovasculaires ou suivant un traitement cardiaque peuvent mener une grossesse à terme, à condition que celle-ci soit préparée, encadrée et surveillée.

Une grossesse modifie en profondeur le fonctionnement du corps : hausse du volume sanguin, adaptation du rythme cardiaque, sollicitation des artères, etc. Cela peut fragiliser un cœur déjà sensible. Mais avec une évaluation pré-conceptionnelle et une adaptation thérapeutique, ces risques peuvent être anticipés.

🧠 La clé : ne jamais entamer ou interrompre une grossesse sans en parler à votre cardiologue ou médecin traitant.


Pourquoi certains médicaments posent problème ?

Le passage des substances médicamenteuses dans le sang fœtal est variable. Certains traitements cardiovasculaires peuvent :

  • Provoquer des malformations (effet tératogène),

  • Affecter la croissance du fœtus (retard intra-utérin),

  • Perturber le développement des reins ou du système nerveux,

  • Créer un déséquilibre chez la mère si l'arrêt est trop brutal.

Quels médicaments sont concernés ?

Classe

Risque fœtal connu ou suspecté

Exemples

Alternative possible

IEC (inhibiteurs de l’enzyme de conversion)

Malformations rénales, anurie, hypoplasie pulmonaire

Ramipril, périndopril

Arrêt avant conception, remplacement par bêtabloquant adapté

ARA2 (sartans)

Même profil de risque que les IEC

Losartan, candésartan

Non utilisés pendant la grossesse

Statines

Données de sécurité insuffisantes, suspicion de toxicité

Atorvastatine, simvastatine

Arrêt recommandé avant la conception

Anticoagulants oraux type AVK

Risque de syndrome fœtal warfarinique, hémorragies fœtales

Acénocoumarol, warfarine

Héparines de bas poids moléculaire (HBPM) en relais

⚠️ L’arrêt de ces médicaments doit être fait en concertation médicale, jamais seule.

Médicaments parfois autorisés avec précaution :

  • Bêtabloquants (ex. : labétalol, métoprolol) : utilisés sous surveillance pour stabiliser la tension et le rythme cardiaque.

  • Antiagrégants plaquettaires (ex. : aspirine faible dose) : souvent maintenus jusqu’au 3e trimestre en prévention vasculaire.

  • Héparines (HBPM) : en relais des anticoagulants oraux chez les femmes sous traitement pour thrombose ou valve mécanique.

🩺 Ces traitements nécessitent un suivi étroit du poids du fœtus, du rythme cardiaque, et de la fonction placentaire.


Sources :

European Society of Cardiology (ESC). Management of cardiovascular diseases during pregnancy. Eur Heart J. 2018;39(34):3165–3241.

Regitz-Zagrosek V et al. ESC Guidelines on the management of cardiovascular diseases during pregnancy. Eur Heart J. 2011;32(24):3147–97.

ESC CardioMed. Pregnancy and cardiovascular disease. 3rd edition, 2022.