Quand j’ai besoin d’un coup de pouce extérieur


Ce que je peux faire seul·e… et ce que je ne dois pas faire seul·e

Prendre soin de soi au quotidien, c’est possible et précieux : respirer en conscience, s’étirer, écrire ce que l’on ressent, instaurer un rituel calme avant de dormir… Ces gestes simples agissent comme des micro-régulateurs du stress, favorisent l’ancrage corporel, et permettent de retrouver un sentiment de sécurité intérieure. Ils activent le système parasympathique, responsable du retour au calme, et réduisent le cortisol, l’hormone du stress chronique.

Mais certaines émotions, lorsqu’elles persistent ou débordent, nécessitent une écoute extérieure. Si vous avez la sensation de tourner en boucle, de ne plus ressentir de plaisir, si le sommeil, l’appétit ou la motivation diminuent durablement, cela peut être le signe d’un déséquilibre plus profond. Il n’est ni nécessaire ni souhaitable de « tenir » seul·e.

Des études montrent que l’isolement émotionnel peut aggraver les symptômes physiques, notamment chez les personnes atteintes de pathologies cardiaques. En effet, l’absence de soutien augmente l’activité du système nerveux sympathique, accentuant les palpitations, les douleurs thoraciques ou l’essoufflement chez les patients cardiaques vulnérable. Demander de l’aide, c’est aussi prendre soin de son cœur.

➡️ L’isolement émotionnel peut accentuer les symptômes cardiaques.


Quels types de thérapies existent et peuvent vous aider ?

 

  1. Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
    ✔️ Ciblée et structurée, elle aide à identifier les schémas de pensée négatifs et à modifier les comportements associés.
    ✔️ Efficace contre l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil et le stress post-événement cardiaque.

 

  1. Thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT)
    ✔️ Apprend à vivre avec des émotions difficiles sans s’y opposer, tout en redonnant du sens à ses actions.
    ✔️ Intéressante après un choc médical ou en cas de douleurs chroniques.

 

  1. Thérapie de soutien / entretien motivationnel
    ✔️ Met l’accent sur l’écoute active, le renforcement des ressources personnelles, la reprise de confiance.
    ✔️ Utile en phase de réadaptation ou de transition de vie.

 

  1. Thérapie de groupe ou programme psychoéducatif
    ✔️ Favorise l’expression, la normalisation des ressentis, et le lien social.
    ✔️ Diminue l’isolement émotionnel, reconnu comme facteur aggravant en cardiologie.

 

  1. Approches corps-esprit (sophrologie, pleine conscience, relaxation guidée)
    ✔️ Réduisent la charge mentale, régulent la respiration et l’activité cardiaque.
    ✔️ Améliorent la variabilité de la fréquence cardiaque et le sommeil.

 

📌 Il existe de nombreuses approches. Le plus important est de ne pas rester seul·e. Un·e psychologue peut vous aider à choisir celle qui vous convient, selon votre parcours, votre état émotionnel et votre vécu corporel.


Ce que peut proposer un psychologue

Le psychologue vous aide à mettre des mots, à prendre du recul, à alléger la charge mentale :

Un événement cardiaque bouleverse bien plus que le cœur : il ébranle les repères, modifie le rapport au corps, au futur, à l’effort, et fait parfois naître des émotions difficiles à identifier ou à exprimer.

Le rôle d’un·e psychologue dans ce contexte n’est ni de juger, ni d’interpréter à votre place, mais d’accompagner avec neutralité, d’aider à mettre des mots sur ce que vous traversez, et de retrouver une sécurité intérieure là où elle a été fragilisée.

Que fait concrètement un·e psychologue ?

  • Accueille vos ressentis sans jugement, dans un espace sécurisé

  • Aide à repérer les schémas émotionnels ou comportementaux qui freinent votre rétablissement

  • Soutient l’adaptation au changement (nouveau rythme, alimentation, image du corps, vie professionnelle ou intime)

  • Renforce vos ressources psychiques et votre capacité à faire face aux imprévus

  • Travaille avec vous sur des outils concrets (gestion du stress, affirmation de soi, estime de soi, etc.)

Des études montrent que l’accompagnement psychologique :

  • Réduit les taux de rechute après un infarctus

  • Améliore l’observance des traitements et l’adhésion à la réadaptation physique

  • Diminue les marqueurs biologiques du stress (cortisol, inflammation)

  • Favorise une meilleure variabilité de la fréquence cardiaque, reflet d’un bon équilibre nerveux

  • Soutient une meilleure qualité de vie globale, facteur clé du pronostic à long terme


Ce que peut proposer un sophrologue

Le sophrologue propose des outils concrets (respiration, visualisation, détente corporelle) :

Après un infarctus, une chirurgie ou un épisode de stress intense, beaucoup de patients témoignent de peurs persistantes, de tensions internes ou d’un état d’alerte chronique. Le cœur bat plus vite au moindre stress, le sommeil devient fragile, l’attention se fixe sur les sensations corporelles (palpitations, essoufflement…).

La sophrologie permet de :

Réduire l’hypervigilance corporelle (peur du symptôme, interprétation anxieuse)
Apaiser le système nerveux autonome, notamment en stimulant le système parasympathique, lié au repos et à la récupération
Renforcer le sentiment de sécurité intérieure
Favoriser l’acceptation de son nouveau corps ou de son rythme de vie, sans jugement

Des études ont montré que la sophrologie peut :

  • Améliorer la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), un marqueur clé de résilience cardiovasculaire

  • Réduire les taux de cortisol, l’hormone du stress

  • Favoriser une meilleure oxygénation cérébrale, via la respiration abdominale

  • Agir sur l’insomnie, les troubles anxieux et la douleur chronique

Autres thérapies douces

Il existe également une variété d’autres thérapeute et thérapies, trouver celle qui vous correspond est la clé.

Art-thérapie : est l'utilisation et l'évaluation des effets de l'esthétique par la pratique artistique dans l'objectif de valoriser les potentialités et la partie saine de la personne en souffrance.

Equithérapie : Un soin psychique médiatisé par le cheval dans ses dimensions psychiques et corporelles.

Hypnose : l'hypnose induit chez le patient un état de conscience particulier caractérisé par une indifférence à l'extérieur et une capacité fortement accrue à recevoir des suggestions.

Pleine conscience (mindfulness) : est une forme de méditation qui consiste à vivre le moment présent, d’être dans le « ici et maintenant », en prenant conscience de nos émotions, de nos pensées et de nos sensations physiques, sans porter de jugement.


Demander de l’aide, ce n’est pas un échec

Le cœur est un organe fort… mais aussi sensible aux émotions. Demander un soutien, c’est comme faire un bilan cardiaque : c’est un geste de prévention. Et un jour, vous serez peut-être celui ou celle qui encouragera un proche à faire ce même pas.

📌 Accepter de se faire aider, c’est se donner une chance d’aller mieux, plus sereinement.


Sources :

Lett HS, Blumenthal JA, Babyak MA, Sherwood A, Strauman T, Robins C, Newman MF. Social support and prognosis in patients at increased psychosocial risk recovering from myocardial infarction. Health Psychol. 2007 May;26(3):418-27. doi:10.1037/0278-6133.26.3.418.

Hofmann SG, Asnaani A, Vonk IJ, Sawyer AT, Fang A. The Efficacy of Cognitive Behavioral Therapy: A Review of Meta-analyses. Cogn Ther Res. 2012 Oct;36(5):427-440.

Berkman LF, Blumenthal J, Burg M, et al. Effects of treating depression and low perceived social support on clinical events after myocardial infarction. JAMA. 2003 Nov 5;290(24):3106-16.

Dickens C, Cherrington A, Adeyemi I, et al. Characteristics of psychological interventions that improve depression in people with coronary heart disease: a systematic review and meta-regression. Psychosom Med. 2013 Oct;75(8):211-21.